July 24, 2012 by India Social Manager
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eco-farming, model farm, chinnupatti, Projects Abroad India
Il était une fois, en Extrême-Orient, là où les montagnes sont couvertes d’arbres verts, et où la brume couvre le matin rayonnant d’un soleil charmant, des milliers d’ouvriers du riz qui travaillaient intensément à la récolte, les pieds dans l’eau fraiche, et le chapeau de paille sur la tête… ce pays est très loin de la réalité indienne. De la ferme du projet, en tout cas, car on peut trouver ce genre de paysage en Inde. Les rizières sont sèches, ne laissant que le riz jaune et la terre blanchie par les minerais de l’eau.
Nous sommes en avril, le dix-huit, plus précisément. Le riz fut planté cinq ou six mois auparavant, plus d’une dizaine de volontaires se sont succédés en regardant le riz grandir... Mais revenons à notre époque.
C’est tôt, six heures du matin, et, a cette heure, en inde, il ne fait pas chaud (si, si ! je vous assure), mais le soleil commence déjà à pointer à l’horizon, et on sent que la chaleur ne va pas tarder, il faut faire vite !
Nous sommes quatre, moi-même, beau grand et fort (enfin...) ; Raisa, la chef de projet (qui parle très bien l’anglais) ; Pandi, le coordinateur de projet (qui parle un anglais approximatif mais suffisant) ; et Ponair, staff local qui travaille dans la ferme avec nous et qui ne connait qu’une dizaine de mots, dont « chicken », mot générique pour tout ce qui se rapporte à des oiseaux, et « Lunch » mot générique pour tout ce qui se rapporte à manger. Normalement, nous devrions avoir un autre volontaire, Ian du Canada anglais, de Toronto plus précisément ; il est à Chennai, il aurait dû arriver hier, nul ne sait ce qui lui est arrivé, selon moi il s’est fait manger par une vache sacrée, ce serait une fin intéressante, romantique, même.
On commence. On a des faucilles indiennes et parfaitement artisanales, le dos courbé, la sueur au front, on coupe la base des plantes de riz, que l’on regroupe derrière nous en petits monticules bien ordonnés (ou pas). Notre tâche, récolter tout le riz de la ferme, soit quatre rizières de taille moyenne. Ponair, le super-indien avec une très belle moustache, travaille plus vite qu'un tracteur, en trente minutes, à lui seul, il finit une rizière, tandis que Raisa et moi peinons à atteindre le tiers de la nôtre. Bien entendu, Ponair, fermier de profession et de caste, ne reste pas les bras croisés, il vient nous aider (ou comment dire qu’il récolte la moitié de la rizière tout seul). Mais on avance ! Il est déjà 7h30 du matin, le soleil se fait plus visible, et bien que la chaleur ne soit pas oppressante, il ne fait plus frais.
On laisse passer la journée, Ian arrive (dommage, mon hypothèse de la vache psychopathe s’écroule plus vite qu’une tour de Babel de cartes). Mais pas question de continuer le travail du riz ! Trop chaud ! On va s’atteler à d’autres travaux, mais pour l’instant, et comme on dit dans notre anglais approximatif de volontaire : « Breakfast time ! » (Temps du petit-déjeuner).
Mais... À quoi nous sert tant de riz bio ? On le cultive spécialement pour le donner à un orphelinat avec lequel on travaille régulièrement, un orphelinat qui (contrairement à l’idée reçue), est assez bien tenu et complètement chrétien. Le projet a créé une petite ferme bio pour les orphelins, et il y a même une unité de compost dans le domaine de neuf acres de l’orphelinat portant le nom d’un saint dont je ne me souviens pas.
Bref, le soleil décline et est en voie de mourir, nous continuons le travail, il est 4h30, programme de l’après-midi ? Prendre les plantes de riz entassés dans les rizières, et les transporter dans une sorte de crèche (non, pas une crèche de Noël !). Le travail durera une heure. À nous s’ajoute un autre travailleur de la ferme : Kumar, plus jeune que Ponair mais tout aussi expert que celui-ci en travail fermier.
Le jour est fini ! Mais le travail ne l’est pas : demain, réveil à 5h30, et on recommence le travail à six heures (du matin !), car nous devons séparer les grains des plantes ! Autant dire un travail de fou !
Allez, il faut se coucher tôt sinon impossible de se lever demain !
Le réveil sonne, impossible de se lever (c’est quand même le troisième jour où on se lève à cinq heures et demie !). Une heure plus tard, j’arrive à me mettre sur pied, je me prépare, et je vais à la ferme, sans Ian qui est encore plus fainéant que moi. Mon absence a été bénéfique (pour moi) d’ailleurs, car quand j’arrive, le travail est en train de commencer. Les Indiens ne sont pas très à cheval sur les horaires, ils vivent dans un temps hors du temps on dirait !
M’enfin... certains trucs, en inde, semblent un peu moyenâgeux. On dispose des rochers assez gros, dont deux sont penché avec un angle de trente degrés. Là, Ponair prend des tiges puis les frappe sur le rocher, les graines sortent en volant. Il est étonnant de voir combien de graines il y a dans un épi de riz.
Là, à ce stade, je découvre une légère allergie à la poussière de riz, ce qui rend assez désagréable le travail. Peu après j’abandonne et je pars m’aérer, tandis qu’Ian arrive (perfect timing !).
Bref, les tiges sont ensuite séparées en tas, tas qui sont frappés avec une tige de bambou pour obliger les graines réfractaires à se séparer. Puis on prend les tas et on les emmène dehors, en faisant une grande boule de paille de riz pour les vaches sacrées, les chèvres, et l’unité de compost.
Et voilà donc ! Les graines sont ensuite mises ensemble dans des sacs de tissus, ils seront envoyés à l’orphelinat, et on en réservera quelques uns pour notre famille d’accueil, les Rajem, qui nous cuisinent tout les jours, matin, midi et soir, de la bonne cuisine indienne traditionnelle du Tamil Nadu!
Pour ce qui est de moi, je ne vais jamais gouter de ce riz! En effet, c’est mon dernier jour au projet!
The above french article written by Mr Martin Miranda | France
July 24, 2012 by India Social Manager
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eco-farming, model farm, chinnupatti, Projects Abroad India
Ce n’est pas vraiment une ferme puisqu’aucun paysan n’y vit, mais plutôt un terrain d’expérimentation et de démonstration. Vous y trouverez des plantes potagères, médicinales, une petite pépinière et de différentes cultures vivrières (riz, lentilles, pois, sorgho, maïs, chili, tomates, épinards, courges, bananes, noix de coco et d’autres). Projets Abroad, a repris en 2011 ces terres cultivées comme c’est l’usage avec engrais chimiques et pesticides. Aujourd’hui, aidés de volontaires, ils pratiquent l’agriculture biologique – sans grands travaux de labourage, en fertilisant grâce aux engrais organiques (à base de bouses de vache) et au vermi-compost, compost produit par des vers importés d’Afrique, qui raccourcissent le temps de fermentation en aérant et digérant les composants); et en traitant les plantes ainsi que les animaux avec une mixture d’herbes, de plantes médicinales, de feuilles et d’une bouillie de différentes lentilles et pois, le tout passé au pilon mortier. Les alentours de la ferme sous les cocotiers sont animés par des poules, des pintades, des dindes et des dindons, un canard, trois vaches et trois chèvres qui sont la clef des fertilisants et du vermi-compost. Afin de rendre au sol en place son entière fertilité, Projects Abroad s’emploie à nous faire répandre toute sorte de déchets verts et de vermi-compost, un couvert qui l’empêche de se dessécher et le protège de l’érosion tout en activant le travail des vers de terre.
Notre apport comme volontaires est de faire les travaux nécessaires dans cette ferme : plantation de rideaux verts (vétiver sur la limite comme filtre contre la poussière et l’impact de la route, Sesbania pour son ombre légère, perchoir pour les oiseaux et délimitation), plantation d’herbes pour les vaches (cowgrass), arrosage des arbres plantés le long de la route principale, semences diverses, surtout de lentilles (apport d’azote au sol), seedballs : on met des semences dans une boule d’argile (favorisant ainsi l’éclosion et la croissance); arrosage ; bouturage ; cueillettes et récoltes – selon les saisons. Projects Abroad offre notre force de travail aux paysans qui le désirent (exclusivement à des petits paysans travaillant eux-mêmes leur terre, souhaitant utiliser les techniques de l’agriculture biologique). Nous allons ainsi fertiliser, amender et engraisser les plantations de bananiers des paysans aux alentours, récolter le riz d’une fermière voisine n’ayant pas les moyens de se payer des travailleurs agricoles. Nous avons créé un petit potager circulaire dans un orphelinat voisin. Chaque jeudi nous vendons le vermi-compost produit à la ferme sur le marché d’Usilampatti à un prix inférieur aux engrais chimiques, espérant ainsi faire changer les habitudes des paysans qui utilisent des engrais chimiques (un usage qui les induit souvent à l’endettement). Nous espérons non seulement qu’ils achètent notre produit mais que plus tard, ils produisent eux-mêmes leur vermi-compost – moins cher et meilleur pour la fertilité et la conservation du sol. Nous leur montrons aussi comment produire un bon compost.
Des visites spéciales enrichissent le travail quotidien: visite de l’hôpital ayurvédique AVN de Muniyandipuram, à Madurai, hôpital qui a été fondé en 1930; nous faisons connaissance avec la médecine traditionnelle indienne qui a son origine au Kerala.
Après avoir suivi une leçon de yoga – ce que Projets Abroad nous offre aussi chaque matin à
6 heures – et un massage corporel aux huiles essentielles, un médecin nous explique ce qu’est vraiment l’ayurvéda, qui ne se limite pas aux seules notions que j’avais de cette médecine basée sur les plantes et une nourriture spéciale. Loin de ne soigner que les symptômes des maladies, cette médecine considère l’homme dans sa totalité, et s’efforce même de lui donner des soins pour maintenir sa santé. Nous recevons aussi un repas illustrant les 8 goûts à respecter. Délicieux.
Une autre sortie nous conduits dans une ferme modèle à 150 km au sud de Madurai ou Projects Abroad a réussi à créer une coopérative agricole avec les villages avoisinants et fait de la promotion de petits crédits pour les femmes. On y trouve aussi une grande pépinière – dommage que les noms botaniques ne soient pas en latin – et un grand parc avec des essences diverses. Nous avons visité un musée dans une ferme traditionnelle à toit de palme reconstruite où se trouvent une banque des semences indigènes (avec noms latins!) et plusieurs herbiers.
Durant les weekends, je redeviens touriste-consommatrice et vais à la découverte de nouvelles contrées et usages en Inde. Tous les 15 jours, Projects Abroad organise une sortie: j’ai découvert ainsi Kanyakumari à la pointe sud de l’Inde, avec ses temples, ses levers et couchers de soleil magnifiques et Thekkady-Kumily avec son parc naturel et ses plantations de thé. Sous notre propre régie, nous avons visité Madurai, la grande ville la plus proche, Fort Cochin et ses backwaters ainsi que le « Bénarès du sud » : Rameswaram.
A Chinnupatti, nous habitons une «guest house», offrant tout le confort basique auquel un européen aspire : lit, armoire, eau courante, ventilateur et w.-c. (un confort que les villageois n’ont pas forcément) et même un réduit. La famille d’accueil nous prépare de délicieux repas à l’indienne. L’accueil est très chaleureux dans ce pays du sourire.
Cette expérience a été très enrichissante autant du point de vue des techniques agricoles que du côté humain, on a beaucoup rit tout en travaillant et je remercie toutes les personnes qui de près ou de loin ont participé à cette entreprise et contribué à notre bien-être.
French article written by Ms Marie-jeanne Neuhaus | Switzerland
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